David Goldblatt, une rétrospective au Centre Pompidou

Le Centre Pompidou consacre du 21 février au 7 mai 2018 une grande rétrospective du photographe sud-africain, David Goldblatt. 

Né en 1930 à Randfontein en Afrique du Sud, David Goldblatt est le chef de file de la photographie sud-africaine. Sa famille d’origine lituanienne a émigré Afrique du Sud dans les années 1890, échappant aux persécutions des communautés juives. Intéressé très tôt par la photographie et l’histoire de son pays natal, David Goldblatt commence sa carrière comme photographe de presse au début de l’Apartheid. Depuis les années 60, il est devenu un observateur critique de la société sud-africaine. Ses photos apportent un témoignage saisissant de la vie quotidienne en Afrique du Sud au cours des dernières décennies, non seulement sous l’Apartheid mais aussi depuis la fin du régime ségrégationniste.

Lauréat du Hasselblad Award (2006) et du prix Henri Cartier-Bresson (2011), David Goldblatt est aujourd’hui considéré comme un des photographes majeurs du 20e siècle.

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Jeunes hommes montrant le dompas, pièce d’identité que tout Africain âgé de plus de 16 ans devait porter sur soi. White City, Jabavu, Soweto, Johannesburg, novembre 1972. Épreuve numérique sur papier baryté, 28 x 28 cm. Courtesy David Goldblatt et Goodman Gallery Johannesburg et Cape Town © David Goldblatt
Joburg. Texte de David Goldblatt

« Johannesbourg, ou Joburg, n’est pas une ville facile à aimer. Dès sa fondation avec l’installation d’un camp minier en 1886, les Blancs n’ont pas voulu que des gens à la peau noire ou marron vivent parmi eux ou à proximité. Au fil du temps, ils les ont repoussés hors de la ville et de ses quartiers blancs. L’apartheid a fini par désigner les zones de la ville en fonction des «races»: la loi prescrivait qu’un territoire donné ne pouvait être occupé que par une «race» donnée, Noirs, Blancs, personnes de couleur, Indiens. Soweto et Alexandra étaient pour les Noirs, Hillbrow, Houghton et Pageview pour les Blancs, Lenasia pour les Indiens, Protea pour les gens de couleur, etc. Ces changements ont été appliqués brutalement et les gens déplacés sans pitié, toujours pour satisfaire aux désirs des Blancs.

Les lois raciales ont disparu, les gens sont maintenant libres de vivre et de travailler où ils le veulent; la rigueur des divisions raciales s’atténue dans de nombreux quartiers. La démographie est modifiée par l’arrivée d’un nombre considérable de personnes venues de toute l’Afrique. Mais nous sommes face à une ville composée de fragments éparpillés à travers l’une des plus vastes zones municipales du monde. Il est difficile d’imaginer que Joburg puisse constituer un tout cohérent. »

Photo : Warren van Rensburg

Rétrospective David Goldblatt au Centre Pompidou

Place Georges Pompidou, 75004 Paris
Du 21 février au 7 mai 2018
Ouvert de 11h à 21h
Tarifs : 14€, tarif réduit 11€

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