Thomas Mapfumo, le lion du Zimbabwe

Activiste social et fondateur de la musique Chimurenga , Thomas Mapfumo est surnommé affectueusement par ses compatriotes, « le Lion du Zimbabwe ». Depuis près de 40 ans, Mapfumo et son groupe The Blacks Unlimited œuvrent musicalement pour la liberté culturelle, la justice sociale et économique.

Né en 1945 à Marondera, Mashonaland East, Zimbabwe, Thomas Mapfumo commence sa carrière musicale en reprenant des standards de la soul américaine et du rock’n’roll. Il rejoint par la suite le Hallelujah Chicken Run Band, change de perspective musicale et se consacre à la musique traditionnelle Shona. Il crée un style nouveau mélangeant guitares électriques et mbira.

Mapfumo est l’inventeur de la musique Chimurenga (Chimurenga est un mot shona qui signifie rébellion). Cette musique servira de bande-son au mouvement de libération au Zimbabwe. Les chansons de Mapfumo, très critiques envers le régime colonial, sont vite adoptées et reprises par les populations noires discriminées.

Le régime de Rhodésie décide alors de poursuivre, arrêter et emprisonner le jeune musicien sans inculpation en 1979. Plusieurs manifestions s’organisent aussitôt sur place pour réclamer sa libération. Une campagne internationale est également lancée. Finalement, Thomas Mapfumo est libéré trois mois après son incarcération.

Thomas Mapfumo deviendra plus tard l’inventeur de la musique Chimurenga

En 1980, le Zimbabwe accède à l’indépendance et Mapfumo est célébré comme un héros culturel.

Progressivement le musicien, surnommé le « Lion du Zimbabwe », prend, néanmoins, ses distance vis-à-vis du gouvernement de Mugabe, critiquant ses dérives.

Thomas Mapfumo est régulièrement harcelé par le régime et, comme à l’époque coloniale, ses chansons sont interdites de diffusion sur la radio nationale.

Les critiques virulentes du musicien contre le régime finissent par mettre sa vie et sa famille en danger. Mapfumo est contraint de prendre les chemins de l’exil. En 2000, la légende zimbabwéenne quitte son pays d’origine pour une nouvelle vie aux États-Unis. A la veille de son départ, Mapfumo déclare à David Blair du Daily Telegraph : « S’il y avait un bon gouvernement, je n’aurais pas besoin d’aller vivre à l’étranger, mais ce gouvernement m’empêche de rester ici. »

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