Rencontre avec le groupe Reina Roja

Rencontre avec María Briones, Rafa Villaba et Juan Carlos Gómez du groupe « Reina Roja ». Originaires de Valence en Espagne, leur musique est chaleureuse et chargée d’émotions. Interview traduite de l’espagnol par Llanos Rodríguez.

Qui est Reina Roja ?

« Reina Roja » est un groupe de musique autogéré et indépendant avec une démarche novatrice. Nos chansons n’ont pas un style figé ; elles sont porteuses d’un certain message. Nous avons des racines flamenco et méditerranéennes évidentes mais nous nous intéressons également aux musiques du monde.

Le projet est né dans la ville de Valence (Espagne). Il est formé par Marie Briones à la voix et Rafa Villaba à la caisse à la fois auteure, productrice et percusioniste. Ils sont accompagnés par Juan Carlos Gómez à la guitare flamenca.

Parfois nous sommes également accompagnés par d’autres musiciens, notamment au violon, à la basse électrique, ainsi qu’à la guitare et l’orgue électriques.

Vous puisez vos influences du Flamenco, inscrit par l’UNESCO au patrimoine culturel immatériel de l’humanité le 16 novembre 2010. Qu’exprime et que représente cette musique pour vous ? Quelle est son histoire ? Quelles sont les différentes formes de flamenco ?

Le flamenco fait partie de notre tradition. C’est une musique chargée d’émotions qui exprime beaucoup de sentiments ; une musique riche et complexe. Dans le flamenco, il y a beaucoup de styles avec différents rythmes et tonalités.

Le flamenco a été inventé en Espagne grâce au mélange culturel de diverses populations qui coexistaient ensemble. Ainsi on retrouve dans le flamenco des éléments de différentes régions espagnoles, d’autres d’origines gitans, africains, indiens, latins…

Le flamenco est donc le fruit d’un mélange culturel. Nous pensons que respecter le flamenco c’est continuer cette tradition de mélange et de renouvellement.

 Comment voyez vous l’évolution de la scène musicale internationale aujourd’hui ?

Comme tout aujourd’hui, la musique est de plus en plus dominée par la logique marchande. Il est difficile dans un tel contexte de développer d’autres démarches fondées essentiellement sur la culture et l’art.

Grâce à Internet, on peut cependant faire circuler ses créations musicales et toucher même des publics très éloignés. Mais les œuvres musicales sont faites à la va-vite et la musique n’a pas le temps de cuire à petit feu comme avant.

Nous luttons pour concevoir et réaliser une musique à la fois contemporaine et nourrie de racines anciennes, fruit d’un travail de recherche et porteuse d’une certaine personnalité. Et fort heureusement cette démarche est partagée par beaucoup d’autres groupes.

Vous venez de sortir une chanson consacrée à Thomas Sankara et vous aviez déjà également repris « Saudade » un morceau du patrimoine musical africaine. Quel est votre regard sur l’Afrique ?

L’Afrique nous fascine. C’est l’origine de tout. Malgré l’abus de ses richesses par le reste du monde, l’Afrique demeure une incroyable source de vitalité et de richesses culturelles. C’est pour cette raison que, malgré le fait que nous sommes un groupe fondamentalement flamenco, nous nous sentons spécialement attirés par la musique de ce continent.

D’ailleurs dans notre précédent album, Flamencopla, nous avons tenu à rendre hommage à Cesária Évora, femme africaine qui, avec son art, a réussi à conquérir le monde depuis sa petite île du Cap-Vert.

Notre regard sur l’Afrique n’est pas seulement musical. Nous collaborons étroitement avec l’ONG CIM-Burkina, une association qui travaille pour l’épanouissement des femmes et l’éducation des enfants au Burkina Faso.

Avez-vous un nouveau projet dans les tuyaux ?

Oui. Plus précisément notre nouvel album, qui sortira en décembre sera intitulé Sankara. L’album comportera une chanson consacrée à l’œuvre et à la philosophie de Thomas Sankara.

Cette chanson a été précisément inspirée par les conversations que nous avons l’habitude d’avoir avec la présidente de l’association CIM Burkina, Llanos Rodríguez, sur l’héritage de Sankara pour l’Afrique et même pour le reste du monde ; un héritage qui, à notre avis, n’est pas assez connu.

Le reste de l’album inclut d’autres chansons de différents styles.

Photo : ©MB photography

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*
*