À la croisée des musiques électroniques, des rythmes du monde et d’une approche profondément organique, Shama façonne une signature sonore singulière et immersive. Portée par une voix ample, habitée, l’autrice‑compositrice explore des territoires intimes pour dessiner des paysages sonores d’une intensité rare. L’artiste nantaise dévoilera le 1er octobre au Ferrailleur, « The Next Second », son deuxième EP. Rencontre.
Peux-tu nous parler du chemin qui t’a menée à créer sous le nom de Shama ?
Shama : L’univers que je crée sous le nom de Shama est le résultat d’une exploration musicale, vocale et intérieure, c’est la synthèse de tout ce qui me fait vibrer.
Ce projet est né pendant le confinement, où le monde tournait au ralenti, mettant notamment en pause les artistes et mon groupe MOJA (aujourd’hui en pause, dans lequel je suis chanteuse, auteure et compositrice). J’ai alors commencé à composer seule dans mon petit home studio, en me disant : « Si je faisais une musique qui me ressemble entièrement, sans compromis, quelle serait-elle ? »
Très vite, je me suis retrouvée avec des compositions qui ne ressemblaient pas à ce que j’avais pu faire jusque-là. J’ai senti que c’était la naissance de quelque chose qui était enfoui en moi, d’un univers musical « sur mesure », à la fois intime et puissant, où j’ai pu libérer ma voix.
D’ailleurs le nom « Shama » est inspiré d’un oiseau emblématique d’Asie, reconnu pour la puissance et la singularité de son chant.
Quels artistes, univers ou expériences ont façonné ton esthétique sonore ?
Je suis très sensible aux voix, et certaines me traversent à chaque écoute, comme Lisa Gerrard, Sinead O’Connor, Dezarie ou plus récemment Aurora. Musicalement j’aime les mélanges électro-organiques, la rencontre des percussions avec la batterie électronique, des basses profondes avec des nappes envoûtantes. J’aime l’état de transe dans lequel peut nous mettre un morceau. Je me sens connectée à la musique de Massive Attack, de Dead Can Dance, ou d’Orange Blossom.
Au-delà de ces influences, mon univers est aussi fait de toutes les expériences que la vie m’apporte : les joies comme les peines, les voyages et rencontres marquantes, les questionnements sur le monde et notre société… J’essaie d’être le plus connectée possible à mes émotions et à ma vérité, et d’assumer cette sensibilité à fleur de peau.
Quel a été le moteur de ce deuxième EP « The Next Second » ?
Après « Metamorphosis » en 2023, j’ai commencé à composer de nouveaux morceaux, dont le tout premier en français : « Si les larmes ». Ce nouveau titre m’a permis de réfléchir à l’évolution de ma musique pour mon deuxième EP.
J’avais envie d’une production plus incisive, une recherche plus poussée dans les arrangements et sonorités, et aussi de prendre la liberté de mélanger les langues au gré de mes ressentis. Car, même si le français est ma langue maternelle, c’est en anglais ou en chant intuitif que je m’exprimais jusque-là, y trouvant plus de liberté pour poser ma voix. D’ailleurs le titre « WHOAMI » en featuring avec Maria Hasan (merveilleuse chanteuse d’Orange Blossom) mêle français, anglais et arabe.
Tout comme sur mon premier EP, j’avais envie que ces cinq titres explorent mes différentes facettes, de la plus sombre à la plus lumineuse. « The Next Second » – sorti en juin 2026- dessine plus précisément les bases de mon univers musical, avec toujours ce mélange électro-organique, et la place centrale de la voix et de l’émotion.
Quel message portes-tu à travers ta musique ?
Pour moi, le message se trouve dans les textes, mais aussi dans l’émotion que transmettent les mélodies, la voix et la musique. C’est un message d’Amour, que pourrait résumer cette phrase issue du morceau « WHY? » : « Love is the answer, the bond is divine ».
Je souhaiterais que ma musique puisse connecter les gens à eux-mêmes, à leurs ressentis profonds. Puis, lors des concerts, qu’on se connecte les uns aux autres, qu’on prenne conscience que nous vivons un moment unique, vivant et précieux.
SHAMA – THE NEXT SECOND
juin 2026 – http://www.shama-music.com






