Foujita, peintre japonais des années folles

Personnage fascinant, l’artiste franco-japonais Léonard Tsuguharu Foujita est l’un des peintres les plus célèbres de l’École de Paris. Figure mythique des années folles, Foujita raconte une œuvre qui exprime une fusion esthétique unique dans l’histoire des arts du 20e siècle. Une exposition est actuellement consacrée au peintre au Musée Maillol jusqu’au 15 juillet.

Issu d’une famille aristocratique, Foujita naît le 27 novembre 1886 au Japon. En 1887, la première école des Beaux-Arts est ouverte à Tokyo. Il s’y formera et obtiendra son diplôme en 1910. Trois ans plus tard, Foujita rejoint Paris. Il s’installe dans le quartier de Montparnasse, alors en pleine effervescence artistique. Il se lie d’amitié avec des artistes de renom : Picasso, Soutine, Chagall, Braque, Diego Rivera… Les années 20 sont celles de sa consécration et de l’apogée de son art. Il forge sa manière de peindre, un fusion des avant-gardes occidentales imprégné de ses racines asiatiques.

Foujita, une des figures les plus originales du Montparnasse des années folles

Foujita développe la figure de la femme nue, proche d’un monochrome, peinte à l’essence et à l’encre sur un fond blanc qu’il réalise lui-même en mélangeant diverses substances. La diversité de son œuvre est immense. Travaillant du matin au soir, il réalise près de 10 000 œuvres pour exprimer toutes ses émotions.

Mystique à l’aurore de sa vie, ses femmes deviennent des « Vierge » et se vêtissent. Il mêle alors, avec tendresse et délicatesse, deux de ses figures privilégiées : femmes et enfants. Ses lunettes rondes, sa frange droite et son style vestimentaire unique en font une figure incontournable du Tout-Paris.

Foujita : un trait d’union entre l’art de l’Orient et celui de l’Occident

L’exposition présentée au Musée Maillol montre le talent de l’artiste fou de dessin qui, après son illustre prédécesseur Hokusai, maniait le pinceau avec brio. Le trait de Foujita se révèle d’une sûreté infaillible et ses lignes d’une finesse calligraphique exemplaire avec l’utilisation du sumi (encre noire japonaise) autant sur le papier que pour ses huiles. Il laisse à la couleur un rôle secondaire mais si décisif qu’elle en sublime le trait. La délicatesse de la gouache et de l’aquarelle emplit les formes par aplat, pour des transparences subtiles lorsqu’il s’agit de peinture à l’huile. Ses fonds d’or renforcent quant à eux l’impression de préciosité et de raffinement.

Léonard Foujita s’éteint le 2 janvier 1968. Il est considéré comme le plus grand artiste japonais du XXème siècle. Il laisse derrière lui une vaste collection de peintures et de gravures qui traduisent sa double appartenance culturelle, à la fois japonaise et européenne.

Musée Maillol

59-61 Rue de Grenelle, 75007 Paris
Ouvert tous les jours de 10h30 à 18h30. Nocturne le vendredi jusqu’à 20h30.
Plein tarif : 13 €

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