Raymond Depardon : Traverser

La Fondation Henri Cartier-Bresson présente jusqu’au 17 décembre 2017, l’exposition « Traverser » de Raymond Depardon. Cette exposition s’articule autour de quatre axes : La terre natale en dialogue avec Le voyage puis La douleur en dialogue avec L’enfermement. Avec l’écriture comme fil d’Ariane, cette exposition invite à une traversée de l’œuvre de l’artiste depuis ses premiers pas à la ferme du Garet jusqu’à aujourd’hui.

Chez Raymond Depardon, l’écriture et le cinéma offrent deux temporalités très différentes : l’écriture, c’est d’abord l’écoute de soi, oser imposer son propre rythme face à ce qui se présente, les fameuses «absences » du photographe. Le cinéma, c’est d’abord l’écoute de l’autre, le silence du cadreur. Éviter la rhétorique de la compassion – qui ne l’a jamais séduit – faire des images un peu banales, calmes, sans éloquence particulière, mais chargées de sentiment, voilà un programme clair qui le conduira alternativement dans l’errance volontaire et/ou dans la production déterminée d’une archive à transmettre.

Le voyage, les allers et retours incessants ont fait de lui un expatrié de l’intérieur

Trouver son inclination, cette envie a été évoquée par Raymond Depardon alors qu’il avait déjà publié deux ouvrages, Notes et Correspondance new-yorkaise, qui ont magistralement contribué à forger son identité de photographe : la rencontre entre la photographie du réel et l’imaginaire, entre la photo de rue et les fantômes des absents, souvent matérialisés par des textes relais. L’écriture s’était imposée alors, simultanément au cinéma, comme pour retrouver le fil du temps perdu, après l’abandon choisi des sujets composés pour la presse.

Comment approcher le cœur de cette démarche ? Quels fils faut-il tirer pour faire partager cette temporalité particulière faite d’instants non décisifs mais essentiels ? Cette exposition propose une possible réponse, embrassant près de soixante années de photographies, présentées ensemble pour la première fois. Le retour à La terre natale est constant et inévitable pour l’artiste. De Villefranche-sur-Saône qui l’a vu grandir, à Paris, sa terre d’adoption, ce territoire est un point d’ancrage fort entre ses multiples déplacements. Le voyage, les allers et retours incessants ont fait de lui un expatrié de l’intérieur. Témoin de La douleur dans ses nombreux reportages et à son écoute, Raymond Depardon entretient également un rapport complexe à L’enfermement.

L’exposition présente une centaine de tirages, textes, film et documents de l’auteur. L’ouvrage, co-publié avec les Éditions Xavier Barral, propose une sélection plus vaste d’images, ainsi qu’un long entretien inédit de l’auteur avec Agnès Sire, commissaire de l’exposition.

Photo : Allemagne (ex-RDA), 1990
© Raymond Depardon / Magnum Photos

Exposition conçue par Agnès Sire, directrice de la Fondation Henri Cartier-Bresson en collaboration avec Raymond Depardon.

Fondation Henri Cartier-Bresson
2 impasse Lebouis
75014 Paris 14e
Tarifs : entrée 8€, tarif réduit 4€, gratuit mercredi entre 18h30-20h30.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*
*