Publicité, stéréotypes et comportements

Réseaux sociaux, télévision, internet, presse… Chaque jour nous sommes soumis à 3000 messages publicitaires, véhiculant parfois des stéréotypes. La publicité influence t’elle nos comportements ?

Environ 560 milliards d’euros sont investis dans la publicité chaque année dans le monde, soit environ 1% du PNB mondial. Budget colossal avec retour sur investissement : ainsi en 2017, 1,5 milliard de Smartphones, 93 millions de véhicules ont été vendus dans le monde. Omniprésentes, les publicités ciblent de mieux en mieux les consommateurs que nous sommes, nous poussant toujours dans une consommation non maîtrisée parfois.

Placement de produits, street marketing, réseaux sociaux…. Les supports de diffusion publicitaire ont considérablement évolué ces derniers décennies et ne se limitent plus aux médiums traditionnels (télévisons, presse, affichage). La publicité n’a eu de cesse de se diversifier pour s’adapter à nos modes de vies et à nos pratiques. Selon « We are social », un français passe en moyenne 1h20 par jour sur les réseaux sociaux et 43% de la population mondiale est inscrite sur une plateforme (facebook, instagram etc …). Autant d’opportunités nouvelles à conquérir pour les marques. Pilier de la société consumériste, les publicités ont des conséquences non seulement sur l’environnement mais aussi sur les comportements et les représentations.

La publicité pour enfant, le « Kid Marketing »

Dès le plus jeune âge, les enfants sont immergés dans un monde d’images où logos et slogans commerciaux envahissent leurs quotidiens. Le « kid marketing », la publicité ciblée pour enfant, représente pour les publicistes un double avantage. Tout d’abord, les enfants seraient dotés d’un pouvoir d’achat, en tant que prescripteurs de leurs parents, puis il s’agirait de les fidéliser dès leur plus jeune âge, de prendre option, en quelque sorte, sur leurs futures habitudes de consommation. Ainsi, certains jeux en ligne gratuits proposés par certaines marques alimentaires, et à priori ludiques, chercheraient par exemple, à influer sur les réflexes d’achat futurs des enfants. Des études récentes ont attiré l’attention sur les répercussions de certaines campagnes ciblées. Elles augmenteraient les risques de perturber le développement cognitif et imaginaire avec comme conséquences des problèmes d’obésité, des troubles du sommeil, d’appauvrissement culturel…

La femme : un rôle bien défini

Femme ménagère, femme mère, femme objet, femme fatale… Selon un rapport du Conseil supérieur de l’audiovisuel publié en octobre 2017, les stéréotypes et préjugés sexistes demeurent présentes dans certaines  publicités diffusées à la télévision. Le rôle attribué aux femmes, peut-on lire dans ce rapport, est réducteur et, volontairement ou non, des stéréotypes de genre imprègnent encore un grand nombre de messages. Le rapport signale également que 82% des « experts » présentés dans ces campagnes publicitaires sont des hommes. Les femmes étant alors reléguées aux rôles de consommatrices inactives, souvent dénudées.

Des nouveaux besoins jamais assouvis

Acheter est devenu un acte quotidien banal et normal. Mais, qui n’a jamais ressenti de l’insatisfaction voire même de la tristesse, faute de pouvoir s’offrir le dernier smartphone ou le parfum à la mode ? Soumis à un perpétuel impératif de consommation, nous sommes de plus en plus poussés à l’acte d’achat. Les modes quant à elles, entretiennent l’obsolescence programmée des objets. En encourageant de nouveaux besoins, certaines campagnes publicitaires véhiculent tout un ensemble de croyances, notamment l’idée selon laquelle plus nous consommons, plus nous serions heureux. Consommer serait également une manière de faire étalage de notre réussite sociale.

Il est évident qu’un certain confort matériel est nécessaire pour notre épanouissement et qu’il indispensable de se faire plaisir. Cependant, la course à l’hyperconsommation et au « toujours plus », ne fait que générer insatisfaction et désespoir. Elle a également des conséquences sur l’environnement.

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